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7. La Modernité

Dans les premières années du XVe siècle, l’émail persan arrive de l’Iran et Pakistan jusqu’à la Chine, où il est connu comme « objets islamiques » dans le livre Ge Gu Yao Lun.

Au XVIe siècle en Orient, le raja d’Amber, Man Singh I, accueil des émailleurs du Panjab (Pakistan) à Jaipur et tourne la cité et ses entourages (Lucknow, Varanasi, Delhi et Lahore) dans le premier centre d’émail minakari par importance en Inde (source: Gioielli dall'India dai Moghul al Novecento; vedi anche l'articolo Lo smalto minakari di Isfahan).

Au cours du XV siècle, l’émail arrive aussi en Corée et jusqu’au Japon. Les deux Pays utilisent un mot pour « émail » qui signifie littéralement « les sept trésors » (chilbo en coréen, shippō en japonais) et qui fait référence aux sept matériaux précieux qui décorent le trône du Buddha selon la tradition ancienne (or, argent, émeraude, corail, agate, cristal et perle), mais en chinois on utilise le mot 搪瓷 (prononcé : Tángcí), qui signifie « revêtement qui imite la porcelaine ». Cela témoigne que l’émail coréen et japonais appartiennent à la même tradition artisane et ont développé la technique indépendamment de la tradition chinoise.

On n’a pas d’informations sur l’émail coréen dans l’antiquité, car il a toujours eu une connotation artisane, tandis-que l’histoire de l’émail japonais shippō est très bien documentée. Le premier témoignage est le miroir en bronze émaillé de l’Empereur Shōmu (724-749), retrouvée dans sa tombe dans la ville de Nara et faisant partie du trésor du Shōsō-in: on n’a pas de photos de cet objet mais seul descriptions et représentations graphiques. Dans la même période, on a le témoignage indépendant de l’art de la « décoration en peinture de verre » dans le code civil Taihō, quand le Japon était fortement influencé par la culture chinoise. Au de là de ces premiers exemples japonais, la technique n'a laissé aucune trace au Japon jusqu’au 15ème siècle, quand l’émaillage retourne au Sol Levant grâce à deux différentes sources. La première est la Corée, où l’artiste japonais Dōnin Hirata I (1591-1646) apprend l’art de l’émaillage ; à partir de cette expérience, il fonde son atelier en 1620, en y faisant une école spécialisée en décoration de poignées émaillées pour katana, la traditionnelle épée des samurais. La deuxième source est l’importance des premiers échanges commerciaux avec l’Europe qui sont connus sous le nom de Période du commerce Nanban (lit. « les barbares méridionaux »), un mot japonais qui décrivait génériquement les Européens de foi chrétienne, entre eux les missionnaires jésuites du Portugal et les marchands hollandais. Dans cette phase, commencée en 1543, il y avait un grand commerce de produits artisans, bien aussi émaux, qui était fortement réduit après la persécution et expulsion des Chrétiens du Japon en 1641. Les connaissances appris par les Occidentaux permettait lui de commencer une production autochtone d’émail japonais, entre lesquelles on rappelle une katana décorative de la Maison Kikutei, une armure du samurai Kobori Totomi-no-Kami, et des panneaux « fusuma », utilisés dans les maisons japonaises comme murs et portes meubles, décorées avec des panoramas et jardins zen (source: James L. Bowes, Notes on Shippo, Londra, 1865). 

Une tsuba (guarde d'épée "katana") créée par l'école Hirata, décorée en émail cloisonné.

En Occident, la rapide et soudaine floraison de l’artisanat artistique en Tchéquie aux siècles XVIe et XVIIe, est due au royaume de Rudolph II (1572-1612), qui était un collectionneur et créait son cabinet de curiosités, une salle où l’on recueillait les ouvres d’art et métiers qu’il recevait en donation pendant ses visites officielles. Le cabinet contenait ouvres originaires de toute Europe. Pendant le royaume de Rudolph, Prague accueillait de grands artistes et artisans, en particulier beaucoup d’orfèvres très connus et de grande habilité, qui produisirent de bijoux pas seulement pour les aristocrates, mais bien aussi pour les citoyens bourgeois. La présence très commune de bijoux à l’émail dans les portraits de cette période sont un indicateur du mauvais traitement des émaux, en considérant que le nombre d’objets survécu jusqu’à nos jours est très limité. Ces objets combinaient beaucoup de différentes techniques originaires de l’Ouest, comme le ronde bosse, le champlevé et le champlevé basse-taille, avec une alternance de couleurs transparents et opaques.

Un des orfèvres-émailleurs les plus célèbre de cette période est sans doute Jan Vermeyen (Bruxelles 1559 – Prage 1606), d’origine belge. Sa présence à Prague est documentée depuis 1592. Son œuvre la plus importante est sans doute la Couronne du roi Rudolph, créée en 1602 et décorée avec de raffinés émaux techniquement parfait.

Un autre nom est Andreas Osenbruck, un orfèvre d’origine allemande, auteur d’une chaine décorative actuellement dans le Trésor de Saint Vite, et les « regalia » (couronne et sceptre) du roi Matthias, frère et successeur de Rudolph.

La couronne de Rudolph II, créée par l'orfèvre belge Jan Vermeyen en 1602.

À la fin du XVIe siècle, l’art de l’émail décline une autre fois, spécialement à cause du changement de goûts et de la qualité réduite des productions de masse. La technique utilisée au temps, appelé peinture à l’émail, était presque une imitation de la porcelaine. On peut voir le triomphe des peintures à l’émail dans la production de tabatières, poudriers, montres de table et bijouterie. Ce style était parfait pour interpréter le nouveau goût rococo des objets de luxe. Le plus grand portraitiste sur émail du Rococo sera Jean-Etienne Liotard (1702-1789), qui formera beaucoup d’artistes de son époque.

Une miniature de Jean-Etienne Liotard

A la fin du XVII siècle, le nouveau tsar Pierre I le Grand entreprend un voyage en Europe occidentale en incognito pendant les années 1697-1698, pendant lequel il découvre l’architecture et les arts occidentaux, en particulier la technique de la miniature à l’émail de l’artiste franco-suédois Charles Boit qui travaillait en Angleterre au service du roi Guillaume III. Pierre en y reste ainsi fasciné qu’il cherche à importer le portrait à l’émail en Russie, en appelant beaucoup d’émailleurs occidentaux dans sa nouvelle capitale, Saint-Pétersbourg. Le premier émailleur autochtone russe était Grigorij Semënovic Musikiskij (1670-1740), peintre du Palace de l’Armérie de Moscou, qui fut appelait à Saint-Pétersbourg pour exécuter le portrait à l’émail de la famille royale, actuellement au Musée de l’Ermitage, avec un style très différent de ce des standards européens. Un art différent est celle de Andrey Grigorovic Ovsov, qui montre une qualité analogue à la parisienne et londonienne et qui adopte la technique du pointillé. Après cela, en 1763, l’évêque de Rostov Arseniy Tarkovskiy ouvre un premier atelier pour la création d’icônes à l’émail. Les miniatures russe sur émail blanc sont connus dans le monde entier sous le nom de « finift » (son origine est probablement tirée du mot grec médiéval « fingitis » qui indique les pierres claires et lumineuses) et est indissolublement liée à la ville de Rostov et à son territoire, connu comme « l’Anneau d’Or », qui comprend aussi le centre orfèvre de Iaroslavl.

Portrait de la famille royale de Pierre le Grand, miniature à l'émail de Grigorij Semënovič Musikijskij, Saint-Pétersbourg, 1716-1717.

En Angleterre, au cours du XVIIème siècle, les industries commencent à utiliser une nouvelle technique d’émaillage, le transfer printing, dont le principal centre productif était la « York House » à Battersea, un district de Londres, fondée par Stephen Theodore Janssen en 1753. Cette technique, utilisée pour la production sérielle et semi-industrielle d’objets de luxe, consiste de l’application d’un fond en émail blanc, sur lequel on imprime un dessin de couleurs en émail précédemment appliqué sur une feuille métallique. Enfin, on procède à la cuisson au four. La technique, qui interprète très bien le goût Rococo et a eu un grand succès, a contribué au développement de l’émaillage industriel et de même temps à la décadence de l’émail artistique.

A la fin du siècle XVIII la Révolution Française apporte une générale crise des émaux de luxe, et le seul marché significatif est vers l’Orient. Les Européens produisent les horloges émaillées pour les Chinois, qui aiment particulièrement cette art. De même temps, on continue avec l’art de l’émail sur tabatières et poudriers. On rappelle en particulier Jean-Louis Richter (1766-1841), qui utilisent l’émail fondant pour reproduire des paysages avec une grande fantaisie, inspiré à l’Italie et aux alpes suisses. On doit mentionner aussi trois grands représentants du néoclassicisme : Couteau, Dubuisson et Merlet. Les deux derniers ont continué à travailler pendant la période de la restauration.

Dans les premières années du XIX siècle, les sujets et les styles de la miniature à l’émail s’inspirent surtout aux grandes peintures de Rubens, Raphaël, Titien et Coreggio (par exemple, 18 émaux exposés au Musée civique de Turin).

Pendant le XIX siècle, le paysage et le portrait sont les principaux sujets des miniatures à l’émail. On rappelle le grand portraitiste Charles Louis François Glardon (1825-1887). L’invention de Daguerre (le daguerréotype, 1839, le premier système de photographie sur plaque de cuivre) provoque la crise du portrait en vrai. L’artiste Rodolphe Piguet (1840-1915) est probablement le dernier grand nom de portraitiste en vrai à l’émail. L’impulse de l’Art Nouveau contribue à récupérer toutes les techniques qui avait était précédemment abandonnées.

Les artistes J.B. Ernest Rubé Ruben et Dalpayrat travaillent à Limoges, et Delphine De Cool triomphe à Paris. Le mouvement anglais Arts and Crafts, et l’Art Nouveau en France, intéressent l’avant-garde artistique entre la fin du XIX siècle et jusqu’à 1910. Ce sera un style de rupture qui portera les bijoux émaillés à un nouveau niveau. En particulier, on mentionne ici René Lalique, Thesmar, Fouquet, Vevere Tourette e Grasset, Feuillatre, Gaillard, Wolfers, von Cranach, Christofle et Lluis Masriera, en Europe, et Tiffany aux Etats-Unis. Toutes les techniques sont reprises et perfectionnées, et le « plique à jour » devient populaire.

Exemples de miniature à l'émail appliquée en horlogerie. 

Grâce aux découvertes à la fin du XIX et commencement du XX siècles, les antiquaires et les archéologues découvrent un renouvelé intérêt pour l’émail, ce qui favorise le retour de beaucoup de techniques anciennes. La célèbre manufacture de céramique et porcelaine à Sèvres on ouvre un nouvel atelier (1845-1872), où l’on éduque de très bons exécuteurs et réalisent de prestigieuses productions.

En Angleterre on voit aussi une nouvelle mode : la création de médailles émaillées par des bijoutiers experts à travailler au ciseau sur métaux semi-précieux comme le bronze, l’argent et, plus rarement, aussi sur or. Malgré l’émaillure des médailles existait déjà au XIX siècle, en effet, il était seulement grâce aux artistes médaillistes comme William Henry Probert (actifs du 1884 au 1902) et Edwin Steele (dont l’activité était continuées par son fils Edwin et son grand-fils Henry) que la ville de Birmingham devient un important centre de manufacture pour la production de médailles émaillées, qui était exportées en toute le Royaume-Uni.

Un facteur qui favorise ce succès de la médaille émaillée est le goût victorien pour les bijoux innovatifs et inusuel, qui va culminer en 1887, une date connue entre les experts comme « l’année magique de l’émaillage ». Pendant les célébrations du 50ème an de règne de la Reine Victoire, en effet, l’émail devient le protagoniste pour la production de beaucoup de « memorabilia ». On ne peut pas compter le grand nombre de médailles émaillées produites depuis 1887, lesquelles partagent essentiellement les mêmes sujets : l’effigie de la Reine Victoire et les représentations allégoriques de la Bretagne, les blasons héraldiques et les motifs floréals. Un autre sujet typique de cette période est « Saint George et le dragon » selon le modèle de la « Souveraine d’Or », un sterling en or produite en 1817 sous le dessin du médailliste italien Benedetto Pistrucci (Rome 1783 – Windsor 1855).

Les célébrations des rois et reines de toute Europes pour leurs jubilés ou pour les mariages sont remarqués aussi par la créations de tasse émaillées en transfer printing avec les insignia royales: le couronnement du tsar Nicholas II et sa femme Alexandra Fëdorovna en 1896 ; le 60ème anniversaire de la Reine Victoire en 1897 ; le couronnement de Wilhelmine des Pays-Bas en 1898 ; le couronnement de Edouard II d’Angleterre et sa femme Alexandre en 1901.

Une exception remarquable est le travail de l’orfèvre Carl Fabergé de Saint-Pétersbourg, lequel applique des émaux colorés translucides sur objets en argent guillochés. Ses œuvres les plus célèbres, les « Œufs de Fabergé », sont des bijoux créés avec cette technique, sont pensée comme les « poupées russes » pour contenir des surprises en métaux précieux. Une autre exception sont les aquarelles sur émail blanc et les émaux en ronde bosse créées à Vienne par deux grands argentiers, Hermann Ratzersdorfer et Hermann Böhm qui utilisent les thèmes du Néo-Classicisme et de la Néo-Renaissance de cette période sur objets de luxe comme coupes à forme de nave ou horloge en style gothique.

De même temps, grâce au développement de l’émail industriel, la vie de toujours se remplit de ménagerie, ustensiles de cuisine, signalisations et panneaux publicitaires émaillés. Morez en France devient un important centre d’émaillage. En Italie le seul représentatif de l’Art Nouveau est Vincenzo Miranda, un orfèvre et argentier de Naples, qui présente une fibule en or décorée avec des motifs floréals à l’Expo universelle de Paris en 1900.

Minerve, émail sur cuivre, technique grisaille. Claudius Popelin (1825-1892)

A gauce: T. Gobert, vase sur trépied décoré avec des scènes en plein air, 1867/72, National Museum of Ceramics of Sèvres.

A droite: Œuf de Fabergé des Douze Monogrammes, créé et donné à Maria Feodorovna comme cadeau pour les Pâques de 1895, en mémoire du tsar Alexandre III. Hillwood Museum, Washington D.C., USA.